Une question ? : 09 78 45 02 54 - 9h/17h30 appel non surtaxé Livraison Offerte dès 190€
Catégories

Cellophane et film alimentaire : non, ce n’est pas la même chose et la différence change tout pour votre santé

En bref

Cellophane et film alimentaire sont deux matériaux radicalement différents que presque tout le monde confond.

  • La vraie cellophane vient de la cellulose végétale, pas du pétrole
  • Le film alimentaire du commerce est du polyéthylène basse densité ou du PVC
  • 1,2 milliard de mètres de film plastique alimentaire sont consommés chaque année en France

La différence entre cellophane et film alimentaire, c’est exactement le genre de truc qu’on n’a jamais appris et qu’on répète mal depuis l’enfance. T’as grandi avec ta mère qui disait « passe-moi la cellophane » en tendant la main vers ce rouleau transparent collant ? Moi aussi. Et pourtant, ce qu’elle t’a donné n’avait probablement rien à voir avec de la vraie cellophane.

Ce film étirable qui envahit nos tiroirs de cuisine depuis des décennies, transparent, souple, qui colle partout sauf où tu veux qu’il colle, c’est du plastique. Du bon vieux plastique dérivé du pétrole. La cellophane, un film plastique en rouleau, elle, est une tout autre histoire, une histoire qui commence dans les forêts et finit dans des usines chimiques suisses du début du XXe siècle. Vous pouvez d’ailleurs en acheter avec La boutique du jetable – vaisselle jetable en gros pas cher.

Vous dites cellophane, vous utilisez du plastique : l’erreur que font 9 Français sur 10

Pourquoi le mot cellophane est devenu un nom commun abusif ?

Le mot cellophane est, à l’origine, une marque déposée. L’ingénieur chimiste suisse Jacques Brandenberger dépose le brevet de la cellophane en 1908 après des années d’expérimentation sur la cellulose dissoute. La société La Cellophane exploite ensuite le produit industriellement en France, avec des usines à Bezons dans le Val-d’Oise et à Mantes-la-Ville dans les Yvelines. Le terme est si bien entré dans les foyers qu’il est devenu un nom générique, exactement comme Frigidaire pour désigner n’importe quel réfrigérateur. L’Institut national de la propriété industrielle confirme ce glissement sémantique dans ses archives : la marque « CELLOPHANE » figure toujours comme marque enregistrée sous la référence EM 005352786, mais son usage populaire dépasse largement sa définition technique.

Appeler du film plastique "cellophane", c'est comme appeler un sparadrap du "scotch" : pratique, mais faux.

Ce que vous avez vraiment dans votre tiroir de cuisine

Le rouleau qui traîne dans ton tiroir depuis six mois, celui dont tu n’arrives jamais à trouver le départ, c’est quasi certainement du film alimentaire étirable à base de polyéthylène basse densité (PEBD) ou, dans les versions plus anciennes et plus controversées, du PVC (polychlorure de vinyle). Ces films étirables ont remplacé peu à peu la vraie cellophane dans les usages domestiques à partir des années 1980, notamment parce qu’ils coûtent moins cher à produire et adhèrent mieux aux récipients. Aujourd’hui, les films alimentaires vendus en grande surface sont quasi exclusivement des films plastiques. La vraie cellophane, elle, se trouve surtout dans l’emballage de cigares, de bonbons, de thé et de certains produits industriels.

1,2 milliard
Mètres de film plastique alimentaire consommés chaque année en France

Cellulose contre polyéthylène : deux matériaux qui n’ont rien en commun

La cellophane, un film né de la forêt et non du pétrole

La vraie cellophane est fabriquée à partir de cellulose, cette fibre naturelle extraite du bois ou du coton. La pâte de bois (pâte cellulosique) est dissoute dans une solution chimique de soude et de disulfure de carbone, puis extrudée à travers une fente fine dans un bain acide qui reconstitue la structure fibreuse. Le résultat : une pellicule transparente, relativement rigide comparée au film plastique, peu extensible, avec une perméabilité à l’air et à l’humidité bien différente. La cellophane laisse passer une certaine quantité de vapeur d’eau, ce qui la rend utile pour l’emballage de produits qui ne doivent pas sécher complètement mais ne doit pas non plus se gorger d’humidité, comme certains biscuits ou confitures. Sa densité est de 1,45, contre 0,92 pour le polyéthylène basse densité.

Le film alimentaire étirable, un dérivé plastique aux multiples visages, PVC ou polyéthylène basse densité ?

Le film alimentaire du commerce n’est pas une matière unique. Deux grandes familles coexistent dans les rayons. Le PVC (Poly Chlorure de Vinyle) contient historiquement des plastifiants comme les phtalates pour lui donner sa souplesse caractéristique. Le polyéthylène basse densité (PEBD), plus récent dans cet usage, ne nécessite pas de plastifiants chimiques pour être souple. Les professionnels de la boucherie et les industriels utilisent souvent du film PVC pour son excellente adhérence sur les barquettes, tandis que les films destinés aux particuliers ont largement migré vers le PEBD. Landoin, acteur français de l’emballage professionnel, propose par exemple des films étirables en PEBD et en BOPP (polypropylène bi-orienté) pour différents usages industriels et alimentaires.

Ce que révèle la composition de chaque film sur sa dangerosité réelle

La composition de chaque film détermine directement son profil de risque. Le PVC contient du polychlorure de vinyle associé à des plastifiants comme les phtalates, classés perturbateurs endocriniens. Ces molécules migrent vers les aliments gras ou chauds par un phénomène d’osmose chimique. Le PEBD ne contient pas de phtalates, mais n’est pas exempt de tout risque : des additifs de fabrication (antioxydants, glissants) restent présents et peuvent migrer. La cellophane, elle, contient des substances issues du procédé de fabrication à base de viscose et peut être traitée avec de la glycérine comme plastifiant naturel. Aucun de ces matériaux n’est totalement neutre au contact alimentaire, mais leurs profils de risque sont très différents.

Le film alimentaire plastique est-il vraiment dangereux pour votre santé ?

Ce qu’alerte le microbiologiste Christophe Mercier sur les 1,2 milliard de mètres utilisés chaque année en France

Le microbiologiste Christophe Mercier-Thellier a mis en lumière un chiffre qui fait réfléchir : 1,2 milliard de mètres de film plastique alimentaire sont consommés chaque année en France, soit environ 3 000 kilomètres de pellicule par jour. Son alerte porte principalement sur l’usage inapproprié, notamment poser du film directement sur des aliments chauds ou gras. Dans ces conditions, le test de migration (protocole réglementaire qui mesure le passage de substances du film vers l’aliment) révèle des niveaux de transfert bien supérieurs à ceux mesurés sur des aliments froids. Les films alimentaires sont homologués pour le contact alimentaire dans des conditions standards, pas dans des conditions extrêmes.

Perturbateurs endocriniens, phtalates et microplastiques : quels risques réels au contact des aliments chauds ou gras ?

Les phtalates présents dans certains films PVC agissent comme perturbateurs endocriniens en mimant des hormones naturelles. Leur migration vers les aliments gras (viande, fromage, charcuterie) est documentée scientifiquement. Le Bisphénol A, autre substance préoccupante, concerne plutôt les plastiques rigides que les films étirables, mais la famille des matières plastiques partage des problèmes de migration communs. Les microplastiques représentent une préoccupation différente : la dégradation mécanique du film (découpe, frottement) génère des particules invisibles à l’oeil nu qui se déposent sur les aliments. Une étude publiée dans Advances in Chemical and Bio and Environmental Engineering établit que le réchauffage d’aliments sous film plastique multiplie par un facteur significatif la migration des substances chimiques dans les denrées.

Les usages à bannir absolument et ceux qui restent acceptables

Avantages
  • Film sur aliments froids au frigo
  • Conservation courte durée au réfrigérateur
  • Emballage de légumes et fruits non gras
Inconvénients
  • Film sur aliments chauds ou gras
  • Passage au micro-onde sous film plastique
  • Contact direct avec viandes grasses ou fromages affinés

La règle d’or tient en quelques mots : le film alimentaire supporte le froid, pas la chaleur, et les aliments aqueux, pas les aliments gras. Pour couvrir une assiette de restes de quiche encore tiède, la priorité va à une assiette retournée ou un couvercle en verre. Pour la cuisson au micro-onde, du film spécial cuisson (avec une ouverture d’aération) ou du papier aluminium sur les plats non acides restent les options les moins problématiques.

Tableau comparatif : cellophane contre film alimentaire, critère par critère

Composition, adhérence, résistance thermique et perméabilité à l’air

Critère Cellophane vraie Film alimentaire plastique
Composition Hydrate de cellulose (végétal) PEBD ou PVC (pétrole)
Adhérence Faible à modérée Forte à très forte
Résistance thermique Limitée (180°C max en usage spécifique) Faible (déconseillé au-delà de 70°C)
Perméabilité à l’air Légèrement perméable Quasi imperméable
Étanchéité micro-organismes Bonne Excellente

Impact santé et contact alimentaire

La vraie cellophane ne contient pas de phtalates ni de bisphénol A. Son procédé de fabrication à partir de viscose (rayonne issue de la cellulose) lui confère un profil toxicologique nettement plus favorable que le PVC. Les films PEBD modernes, sans plastifiant, se rapprochent de ce profil, mais conservent des additifs de fabrication dont la migration dépend des conditions d’utilisation. Nous estimons, au regard des données disponibles, que le film PVC ne devrait plus être utilisé en contact direct avec des denrées alimentaires grasses, en particulier pour la volaille, la viande rouge et les fromages affinés.

Biodégradabilité, compostabilité et bilan environnemental réel

La vraie cellophane est biodégradable et compostable en conditions industrielles. Son bilan carbone reste néanmoins alourdi par les solvants chimiques utilisés dans sa fabrication (disulfure de carbone, soude). Le film plastique PEBD, lui, ne se biodégrade pas : il se fragmente en microplastiques persistants pendant des centaines d’années. Selon les données Wikipedia sur les matières plastiques, seul 9 % du plastique produit dans le monde est effectivement recyclé, 12 % est incinéré et le reste finit en décharge ou dans la nature. La cellophane compostable reste marginale sur le marché grand public, même si des acteurs comme Futamura Chemical développent des films cellulosiques certifiés compostables (gamme NatureFlex) pour l’emballage industriel et alimentaire.

Quel est vraiment le meilleur emballage pour conserver vos aliments ?

Congélation, réfrigération, transport : quel film choisir selon l’usage

Pour la conservation au réfrigérateur sur moins de 48 heures, le film alimentaire PEBD reste fonctionnel sur les aliments non gras. Pour la congélation de fruits, légumes et viandes, il protège correctement si l’aliment est froid au moment de l’emballage. Le transport de denrées en milieu professionnel (traiteur, restauration) mobilise surtout des films étirables professionnels en PEBD ou BOPP, dont les caractéristiques d’adhérence et de résistance mécanique sont calibrées pour les barquettes et les palettes. La cellophane, dans sa vraie version biosourcée, revient en force dans l’emballage de confiseries, biscuits et produits de boulangerie artisanale où la perméabilité à l’air et la compostabilité sont des arguments commerciaux forts.

Bee wrap, contenants en verre, silicone : les alternatives qui tiennent leurs promesses

Les alternatives au film alimentaire plastique se sont multipliées et certaines tiennent vraiment leurs promesses. Les emballages en cire d’abeille (bee wrap) se moulent autour des aliments grâce à la chaleur des mains, se lavent à l’eau froide et durent environ un an. Les contenants en verre hermétiques protègent sans aucune migration chimique et passent au four ou au congélateur sans problème. Les couvercles extensibles en silicone alimentaire s’adaptent à toutes les tailles de récipients et se lavent au lave-vaisselle. Un point que les concurrents n’abordent jamais : les charlottes en tissu ciré constituent une alternative très économique pour couvrir saladiers et bols au frigo, sans déchet et sans risque pour la santé. Pour les professionnels de la restauration, des films alimentaires spécial cuisson existent avec certification de résistance thermique validée par test de migration.

Bee wrap

Idéal pour les fruits, fromages, sandwichs. Dure 12 mois.

Verre hermétique

Zéro migration, tous usages, passe au four.

Silicone alimentaire

Couvercles extensibles, réutilisables indéfiniment.

Cellophane biosourcée

Compostable, pour l'emballage de confiseries et biscuits.

La différence entre cellophane et film alimentaire, c’est aussi une question de choix conscient

On a toutes et tous ce rouleau de film transparent dans nos tiroirs, et on l’utilise sans trop y penser. Mais la différence entre cellophane et film alimentaire, c’est finalement la différence entre un matériau issu de la nature et un polymère synthétique issu du pétrole, avec des implications réelles sur la santé et l’environnement. Changer ses habitudes d’emballage ne réclame ni perfection ni culpabilité. Juste un peu de curiosité, quelques bocaux en verre de plus dans le placard, et pourquoi pas un bee wrap offert à Noël. Et toi, c’est quoi l’emballage qui a changé ta façon de cuisiner ?

FAQ

C’est quoi un film alimentaire ?

Un film alimentaire est une pellicule souple, transparente, conçue pour protéger et conserver les denrées alimentaires. Dans les commerces, il s’agit presque toujours d’un film plastique en polyéthylène basse densité (PEBD) ou en PVC. Son rôle principal est de créer une barrière contre l’air, les micro-organismes et l’humidité autour des aliments au réfrigérateur, au congélateur ou pendant le transport.

Le film alimentaire ressemble-t-il à la cellophane ?

Visuellement, oui. Les deux films sont transparents, fins et souples. Mais leur composition est radicalement différente : la vraie cellophane est fabriquée à partir d’hydrate de cellulose d’origine végétale, tandis que le film alimentaire du commerce est un plastique dérivé du pétrole. La cellophane est moins extensible, moins adhérente et bien plus proche d’un emballage biosourcé que son substitut plastique.

Quel est le meilleur emballage pour conserver les aliments ?

Les contenants en verre hermétiques représentent la solution la plus sûre : aucune migration chimique, compatible avec la congélation, la réfrigération et le four. Pour les usages du quotidien, les couvercles en silicone alimentaire et les emballages en cire d’abeille (bee wrap) offrent une protection efficace sans plastique à usage unique. Le film alimentaire plastique reste acceptable pour couvrir des aliments froids non gras, mais ne justifie aucun usage sur des aliments chauds ou en cuisson.

Est-ce que le cellophane est du plastique ?

La vraie cellophane n’est pas un plastique au sens chimique. Elle est fabriquée à partir de cellulose végétale, un polymère naturel, et non à partir d’hydrocarbures fossiles. En revanche, ce que la plupart des gens appellent « cellophane » dans la vie courante est bel et bien du plastique (PEBD ou PVC). Cette confusion terminologique entretient un malentendu qui a des conséquences réelles sur la façon dont on évalue les risques de ces emballages pour la santé et l’environnement.

Retour en haut